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Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques - Florilège

Lambert ZUTMAN, dit Suavius (Liège, vers 1510 - Francfort, vers 1567)

Lambert Suavius
Portraits - Allégories - Sujets religieux



La Charité, par Lambert Suavius, d'après Lambert Lombard



Burin et pointe sèche
23,7 x 18,5 cm
Monogrammé LS en bas à droite
Legs Wittert (1903)
Inventaire n° 1145

Même si Suavius signe des estampes originales, il est l’interprète principal des dessins de Lombard avec lequel il est souvent confondu.

La charité, une des trois vertus théologales, est ici représentée sous les traits d’une femme, comme le sont généralement les vertus à la Renaissance. Cette allégorie prend ici les traits d’une jeune femme souriante et douce, assise à l’intérieur d’une architecture classique et épurée, partiellement en ruines. Cette dernière rappelle fortement des vestiges antiques. La jeune femme est entourée de huit enfants bien en chair. Elle en tient deux sur ses genoux : l’un l’embrasse sur la joue en lui posant une main sur le visage, tandis que l’autre s’accroche à sa robe en essayant de saisir une grappe de raisin sur un plateau que lui présente l’un des autres enfants. L’affection et la tendresse baignent la composition.

L’artiste utilise une technique subtile. Il manie le burin en formant des hachures parallèles et quelques fois croisées, très fines et très serrées. Ceci va, notamment, lui permettre de créer des ombrages comme on le voit nettement sur le corps du deuxième enfant en partant de la droite ou encore sur le sol. Les traits sont délicats mais peu profonds, ce qui donne à cette planche un aspect soyeux et velouté, caractéristique de l’œuvre de Suavius. L’extrême légèreté de ses traits explique la clarté du tirage.

Suavius prête une grande attention à l’architecture et aux moindres objets dont il aime rendre la matière et la consistance. Il suffit d’observer le panier de fruits, les décorations du socle soutenant la colonne qui paraissent être ciselés, les plis du drapé de la robe de la jeune femme ou ceux du tissu passant au-dessus de sa tête, pour en conclure que le graveur liégeois se soucie du détail. Suavius s’intéresse également à l’étude de l’anatomie. Les personnages sont élégants et élancés et l’allongement des figures reflète une influence maniériste.

Rachel Spelgatti, 1ère licence en histoire de l’art et archéologie, syllabus, cours d’histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 2005-2006.


L'oeuvre de Lambert Lombard

Université de Liège - Service des Collections artistiques - E-mail : wittert@ulg.ac.be

Page créée le 5 novembre 1999 - modifiée le 18 octobre 2007


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