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Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques - Florilège

Jan I SADELER (Bruxelles, 1550 - Venise, 1600)

La famille Sadeler
Jan I Sadeler - Egidius II Sadeler
Les Planètes - Les Quatre Éléments - Les cuisines de Sadeler



Le Christ chez Marthe et Marie, par Jan I Sadeler, d'après Jacopo Bassano (1598)



Eau-forte
Signé et daté 1598
21,8 x 28,5 cm
Legs Wittert (1903)
Inventaire n° 34869



MARTHA MARTHA SOLICITA ES, & TURBARIS ERGA PLURIMA. PORRO UNUM EST NECESSARIUM. MARIA OPTIMAM PARTEM ELEGIT, QUE NON AUFERETUR AB EA. Luc . 10

IN GRATIAM ADMODUM MAGNIFICI ECCELENTIS VIRI DOI PETRI CORNERETTI VENETI

IOAN. SADELER SCALPSIT . M.D.XCVIII.

Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. (Luc, 10, 41-42, Edition française de Louis Segond, 1910)

Louis Segond Bible - ARTFL Project : Multi-Lingual Bibles - ARTFL - Project for American and French Research on the Treasury of the French Language, University of Chicago


Réalisée d’après une composition de Jacopo Bassano, peintre maniériste de scènes religieuses, cette gravure représente Le Christ chez Marthe et Marie. Dès le milieu du XVIème siècle, ce thème suscita de nombreuses représentations, illustrant les divergences entre catholiques et protestants. Les premiers, symbolisés par Marthe, prônaient le Salut par l'action tandis que les seconds, représentés par Marie, valorisaient davantage la vie contemplative. Le sujet n’a probablement pas été choisi au hasard par Sadeler, qui semble avoir eu des affinités avec le protestantisme. Comme l’indique le texte dans la marge supérieure, Sadeler illustre ici le passage de l’Evangile selon saint Luc qui dit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C’est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. » Cette inscription a une connotation clairement protestante. Elle crée un paradoxe car la gravure porte le privilège pontifical, accordé en 1598. De plus, il convient de noter que Bassano n’était pas protestant.

La composition se présente comme une scène de genre. Les personnages évoluent dans un décor architectural à l’antique, qui s’ouvre sur un paysage italien. Effectivement, on sait que Jacopo Bassano aimait représenter sa campagne vénitienne dans ses tableaux. La scène se déroule dans une cuisine. Le Christ, dont le visage est entouré de rayons lumineux, y est invité par Marthe. Marie est agenouillée devant Lui. Les personnages se caractérisent par une corpulence massive, accentuée par de lourds vêtements aux nombreux plis.

Par sa technique souple, Sadeler réussit à s’adapter à son modèle. Il transpose ainsi les effets de clair-obscur, chers à Bassano. Les coups de lumière sont rendus par des zones blanches, où la matrice n’a pas été entaillée. Chaque visage, chaque objet, chaque partie de la composition est soigneusement détaillée. Par endroit, le trait est tellement fin qu’on le confondrait avec de l’eau-forte. Le fond est plus simplement esquissé. Réalisée à la fin de sa vie, l’œuvre atteste d’une technique remarquable et d’un talent arrivé à maturité. Par son thème, elle est un témoignage supplémentaire du climat tendu, alors omniprésent, lié à la Réforme.

Florence Mercier, 1ère licence en histoire de l’art et archéologie, syllabus, cours d’histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 2005-2006


Université de Liège - Service des Collections artistiques - E-mail : wittert@ulg.ac.be

Page créée le 19 octobre 2000 - modifiée le 18 octobre 2007


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