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Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques - Florilège

Armand RASSENFOSSE (Liège, 1862 - 1934)

Armand Rassenfosse
Ex-libris - Les Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire - Nus



Armand Rassenfosse, vu par
Jacques Ochs (vers 1910)


Armand Rassenfosse naît à Liège dans une famille bourgeoise, le 6 août 1862, la même année que son ami Auguste Donnay. Ses parents tiennent rue Souverain-Pont un commerce d'objets d'art. Au contact des beaux articles proposés par le magasin familial, le jeune Rassenfosse réalise seul le début de son éducation artistique. Il commence ses études secondaires au collège Saint-Servais de Liège puis s'en va à l'athénée de Namur terminer sa "poésie" et sa "rhétorique". Là, il loge chez un oncle qui, étant un ancien camarade de Félicien Rops, lui ofrre quelques lithographies de ce dernier. C'est de cette époque que date l'admiration de Rassenfosse pour le maître namurois.

Le commerce de Liège est prospère et, pour le père Rassenfosse, son fils doit lui succéder à la tête de l'entreprise familiale après avoir appris le métier. A contrecoeur, le jeune Armand se plie à la volonté paternelle tout en consacrant tous ses loisirs au dessin et a la lecture.
Auguste Donnay, engagé par le père Rassenfosse pour la décoration d'une maison, se lie d'amitié avec Armand et le présente à d'autres élèves de l'Académie des Beaux-Arts de Liège dont Gustave Serrurier, Emile et Oscar Berchmans. Dès 1882, Armand envoie, à l'insu de sa famille, des dessins qu'il signe du pseudonyme de Zig au journal satyrique Le Frondeur. Au même moment, il s'essaie à l'eau forte avec un outillage rudimentaire.

En 1884, Armand Rassenfosse se marie. Cette nouvelle responsabilité ne l'empêche pas de continuer de rêver à la carrière artistique puisqu'au même moment il présente ses travaux à Adrien de Witte alors professeur de dessin à l'Académie des Beaux-Arts de Liège. De Witte encourage le jeune Rassenfossee qui s'essaie à différentes techniques dont la pyrogravure. C'est de cette année que date sa première peinture.

En 1886, il fait partie du cercle La Wallonie et participe à l'illustration de la revue du même nom. L'année suivante, il travaille pour Auguste Bénard, l'ancien directeur de la maison Dessain, qui vient de fonder sa propre imprimerie à Liège. Rassenfosse va réaliser pour cette maison de nombreux travaux qu'il considère purement alimentaires alors qu'il s'agit peut-être là de ses oeuvres qui vont le mieux franchir l'épreuve du temps.

Lors d'un voyage à Paris en septembre 1888, Rassenfosse rencontre
Félicien Rops grâce à l'intermédiaire de François Nys qui travaille camme pressier pour Rops et pour de Witte. La rencontre avec Rops alors au sommet de sa gloire va être déterminante pour le jeune Rassenfosse. C'est le début d'une longue amitié entre deux hommes ayant en commun un même idéal artistique et une même conception de la marche à suivre pour y tendre : la recherche d'une parfaite maîtrise technique. Cette recherche va s'exprimer à travers la patiente mise au point en commun d'une nouvelle pratique du vernis mou, le ropsenfosse. Cette complicité ainsi que les conseils bienveillants de Rops vont malheureusement porter préjudice à Rassenfosse qui sera souvent accusé de copier servilement son ami.

A 28 ans, Rassenfosse n'en peut plus de se plier à la volonté de son père et décide d'abandonner le commerce pour se consacrer uniquement à sa carrière artistique. II doit cependant réaliser rapidement combien ce chemin est difficile. Heureusement, les nombreux travaux qu'il réalise pour l'imprimerie Bénard lui permettent de continuer. Ils le mettent aussi en contact avec la pratique de la lithographie. En 1896, afin d'améliorer sa technique de l'affiche, Armand décide d'effectuer un stage à Paris à l'imprimerie Chaix où travaille le grand Jules Chéret. La même année, il participe au troisième Salon de "La Libre Esthétique" à Bruxelles en compagnie des plus grands peintres du moment. Dès lors, sa réputation ne fait qu'augmenter. Les expositions et les commandes surtout dans le domaine de l'édition, se suivent.. De 1899 à 1901, il accomplit un travail colossal pour la société des Cents Bibliophiles pour qui il réalise à l'eau-forte l'illustration complète des Fleurs du Mal de Baudelaire. Un autre signe de la reconnaissance dont il jouit est sa nomination au titre de secrétaire de la section des Beaux-Arts dans le cadre de l'exposition universelle de 1905 et sa désignation, la même année, comme membre de la commission administrative de l'Académie des Beaux-Arts de Liège.

En 1906, il participe à plusieurs expositions internationales mais la mort de Bénard en 1907 conduit Rassenfosse à exercer de nouvelles responsabilités au sein de cette société et à un surcroît de travail administratif. Le temps lui manque pour mener à bien les recherches artistiques qu'il souhaite. Doutant de lui, il traverse une époque de crise et de lassitude intellectuelle. A partir de ce moment, Rassenfosse va de plus en plus souvent utiliser la technique de la peinture à l'huile sur carton et traiter des scènes intimistes.

La perte de son fils en 1913 suivie des horreurs de la guerre provoquent chez l'artiste une nouvelle période de doute. Il s'enferme des jours entiers pour travailler. Les productions de cette époque nous indiquent clairement que la vision du monde de l'artiste s'est modifiée. Ses tableaux gagnent en vie intérieure tandis que le peintre se libère d'une certaine rigueur technique. La touche est plus fluide, plus rapide. C'est à cette époque qu'il aborde pour la première fois le thème de l'autoportrait.

Après la libération, Rassenfosse poursuit ses recherches techniques dans le domaine de la gravure et la production d'ex-libris afin de permettre à sa femme de les échanger et d'augmenter sa collection. Il continue également à réaliser de nombreuses illustrations de livres. Il est reconnu et reçoit de nombreux titres et décorations dont celui de commandeur de l'Ordre de Léopold.

A la fin de ta vie, Rassenfosse accumule les études à la sanguine et réalise une nouvelle version des Fleurs du Mal qui parait en 1930.

Il meurt le 28 janvier 1934.


Dans son recueil de poésie Les Fleurs de Mal paru en 1861 Baudelaire dépasse la contradiction entre réalisme et idéalisme en établissant des correspondances entre le monde des sensations et l'univers suprasensible. Cette poésie qui rejette le réel objectif pour devenir musicale, métaphorique et scrutatrice "du paysage intérieur" sera celle de Verlaine, de Mallarmé et de toute la génération des écrivains symbolistes. Le Manifeste de Jean Moréas qui paraît le 15 septembre 1886 est donc le constat, plus que l'acte de naissance, du courant poétique qui règne en France à cette époque. La même année paraît à Liège le premier numéro de la revue d'Albert Mockel, La Wallonie. Cette revue publie des textes de Mallarmé, de Verhaeren, de Maeterlinck, de Gide et de Valery. L'illustration de ces textes est quelquefois confiée à de jeunes artistes liégeois appelés à devenir célèbres comme Auguste Donnay, Emile Berchmans ou Rassenfosse. Albert Mockel oeuvre aussi à l'éveil de la conscience wallonne en choisissant cette région comme motif littéraire. Il est rapidement rejoint dans ce combat par des auteurs régionalistes tels que Delattre, des Ombiaux, Krains, Stieruet et Glesener, Les moeurs paysannes, les traditions populaires vont retenir l'attention de ces auteurs a la recherche de l'âme wallonne. La génération des peintres wallons dont Armand Rassenfosse fait partie va s'affirmer elle aussi dans ces mêmes aspirations d'idéal symboliste et de recherche régionaliste.

Armand Rassenfosse : bibliographie

Maurice DES OMBIAUX, Quatre artistes liégeois. A. Rassenfosse, Fr. Maréchal, A. Donnay, E. Berchmans, Bruxelles, 1907.
Rassenfosse, dans Ulrich THIEME et Felix BECKER, Allgemeines Lexikon der bildenden Kùnstler von der Antike bis zur Gegenwart, t. XXVIII, Leipzig, 1934, p. 25. 
Maurice KUNEL, Armand Rassenfosse, Baudelaire et les Felurs du Mal, dans La Vie Wallonne, Liège, tome XXVI, 1952, pp. 5-17.
Madeleine LAVOYE, Ex-libris d'Armand Rassenfosse. Collection de la Bibliothèque de l'Université de Liège, Liège, Desoer, 1956.
Maurice KUNEL, La correspondance Rops-Rassenfosse, dans La Vie Wallonne, Liège, tome XXXI, 1957, pp. 263-280.
Le Cabinet des Estampes. Trente années d'acquisitions. 1930-1960, catalogue d'exposition, Bruxelles, Bibliothèque Royale de Belgique, 1961, p. 84-85.
A. RASSENFOSSE et G. SERRURIER-BOVY, catalogue d'exposition, Stavelot - Musée de l'Ancienne Abbaye / Liège - Service provincial des Affaires culturelles, 1975.
BENEZIT E., Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Paris, Librairie Gründ, 1976, tome VIII, p. 612.
Eugène ROUIR, 150 ans de gravure en Belgique, Bruxelles, C.G.E.R./Meddens, 1980, p. 9.
L'affiche en Wallonie à travers les collections du Musée de la Vie Wallonne, catalogue d'exposition, Liège, 1980.
P.& V. BERKO, Dictionnaire des peintres belges nés entre 1750 & 1875, Bruxelles, Laconti, 1981, p. 545-546.
Jean-Patrick DUCHESNE, Affiches belges - Belgische affiches, IBM Belgium, 1981, p. 62-63.
Marcus OSTERWALDER, Dictionnaire des Illustrateurs. 1800-1914 (Illustrateurs, caricaturistes et affichistes), Paris, Hubschmid & Bouret, 1983, p. 867.
Nadine de RASSENFOSSE, Armand Rassenfosse, l'oeuvre peint, (collection Monographies de l'art en Wallonie et à Bruxelles, n°1), Bruxelles, 1983.
Janine BAILLY-HERZBERG, Dictionnaire de l'estampe en France 1830-1950, Paris, Arts et Métiers Graphiques / Flammarion, 1985, p. 273-274.
Nadine de RASSENFOSSE-GILISSEN, Rassenfosse, peintre, graveur, dessinateur, affichiste, Liège, Editions du Perron, 1989.
Nadine de RASSENFOSSE-GILISSEN, RASSENFOSSE Armand, dans Le Dictionnaire des Peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, p. 841-842. (le Dictionnaire des Peintres belges sur internet : site de l'
IRPA : Balat)
Alexia CREUSEN, De l'estampe à la sérigraphie. L'image imprimée en Wallonie des origines à nos jours, dans Un double regard sur 2000 ans d'art wallon, Bruxelles, Crédit Communal / La Renaissance du Livre, 2000, p. 207-242.
Vers la modernité. Le XIXe siècle au Pays de Liège, catalogue d'exposition, Liège, 2001.

Armand Rassenfosse : sur Internet

Huile russe (1896), affiche, Liège, Musée de la Vie wallonne (Belgique, Liège)
Soleil. Bec à incandescence (1897), affiche, Liège, Musée de la Vie wallonne (Belgique, Liège)
Exposition Vers la Modernité. Le XIXe siècle au Pays de Liège

oeuvres de Rassenfosse :
Agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux (France)


Notices basées sur :

Jean-Louis BOUSSART (2ème licence en histoire de l'art et archéologie, syllabus, cours d'histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 1999-2000)


Les Collections artistiques proposent des retirages des ex-libris d'Armand Rassenfosse
réalisés par des étudiants de l'Académie des Beaux-Arts de Liège (Atelier de gravure de Dacos)
Infos :
>> boutique

Ex-libris Albert de Neuville
(10 Euros)

Ex-libris Marie Rassenfosse
(10 Euros)

Ex-libris Armand Rassenfosse
(10 Euros)


Université de Liège - Service des Collections artistiques - E-mail : wittert@ulg.ac.be

Page créée le 5 octobre 1999 - modifiée le 19 mai 2007


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