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Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques - Florilège

Giorgio GHISI (Mantoue, 1520 - 1586)

Giorgio Ghisi
-
Sujets mythologiques et littéraires


1520 : naissance de Giorgio Ghisi à Mantoue (on le connaît aussi sous le nom de Giorgio Mantovano)
1549 (avant) : Ghisi étudie la gravure à Mantoue, avec Giovanni Battista Scultori (1503-1575). Il se rend ensuite à Rome où il fait la connaissance de Jérôme Cock (vers 1510-1570).
1551 environ : Giorgio Ghisi travaille à Anvers pour Jérôme Cock
1555 (après) : séjour en France
1576 : Giorgio et Teodoro Ghisi achètent une maison à Mantoue
1582 : le 15 décembre, décès de Giorgio Ghisi à Mantoue


Giorgio Ghisi a gravé d'après (liste partielle) :

ALLORI Angelo, dit BRONZINO (1503-1572)
BERTANI Giovanni Battista (1516-1576)
BUONAROTTI Michelangelo (1475-1564)
GHISI Teodoro (1536-1601)
Giulio Romano, PIPPI (c.1492-1546)
LOMBARD Lambert (1506-1566)
PENNI Luca (c.1500-1556)
PRIMATICCIO Francesco, dit le Primatice (1504-1570)
SANZIO Raffaello (1483-1520)
SCULTORI Giovanni Battista (1503-1575)


Les gravures de Giorgio Ghisi ont été éditées par :

Jérôme Cock, à Anvers
Claudio Duchetti, à Rome

La prison des supplices, d’après Jules Romain


Burin
27,5 x 42,1 cm
s.d.
Legs Wittert (1903)
Inventaire n° 9602

Cette estampe est gravée, comme les deux initiales (I. R.) en bas à gauche le démontrent, d’après une œuvre de Jules Romain, peintre et architecte italien du XVIème siècle. L’artiste présente une prison où des criminels enchaînés de diverses manières sont, du moins certains d’entre eux, torturés. Le personnage à droite, suspendu au plafond, est lentement écartelé par une masse attachée à ses chevilles. A gauche, un prisonnier voit son pied enserré dans un étau qui lui broie les os.

La référence à l’Antiquité est évidente et particulièrement le thème des captifs. Les prisonniers étant de surcroît figurés comme des « barbares », tant dans leur position que dans leur physionomie. Cependant, le captif ne nous semble pas être le sujet principal de l’œuvre mais bien un moyen de placer le thème de la souffrance au premier plan. Au XVIème siècle, la souffrance est représentée au travers d’œuvres chrétiennes comme les martyres de saints, la douleur de personnages bibliques et les âmes torturées en enfer. Il semble qu’à partir de cette époque, « les aspects véritablement horrifiques de la souffrance physique tendent à investir les registres laïc ou mythologique. Ainsi la souffrance intervient-elle comme punition au terme d’un jugement souverain (…), mais aussi au terme d’une guerre, en tant que rappel du caractère intangible du pouvoir royal »[1]. La phrase latine inscrite au bas de la composition nous évoque ce changement :« Reatus diverse acriter Iulii caesaris imperatoris iusticia torquetur » signifie La justice de Jules César imperator torture diversement et violemment les fautes. Plus tard, la Contre-Réforme propagera abondamment l’image de la souffrance rédemptrice et du repentir des êtres fautifs. Le thème des prisonniers et de la douleur évoque sans doute aussi les guerres d’Italie dont le souvenir semble encore hanter les esprits. L’inscription en bas à droite désigne l’éditeur de la gravure, Gian Battista Rossi de Rome.

Sandrine DACHY, 1ère licence en histoire de l’art et archéologie, syllabus, cours d’histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 2005-2006.


[1] BARRAL I ALTET, X. (dir.), Dictionnaire critique d’iconographie occidentale, s.l., P. U. R., 2003, p. 788.


Giorgio Ghisi : bibliographie

BARTSCH, A., Le peintre graveur, 21 vol., Vienne, 1803-1821.
LE BLANC, C., Manuel de l’amateur d’estampes, 2 vol., Paris, 1856.
THIEME-BECKER, Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, vol. 13, Leipzig, 1920, p. 563-564.
Le siècle de Bruegel. La peinture en Belgique au XVIe siècle, catalogue d'exposition, Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, 1963, p. 218.
DE PAUW-DE VEEN, Lydia , Jérôme Cock. Editeur d'estampes et graveur. 1507-1570, Bruxelles, Bibliothèque Royale Albert Ier, 1970.
BENEZIT, E., Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs de tous les temps et de tous les pays, nouvelle édition, 10 vol., Paris, Gründ, 1976.
BOORSCH, S., Giorgio Ghisi : An Introduction, in The Print Collector’s Newsletter, vol. XVI, n°3, juillet-août 1985, p. 86-88.
ROUILLARD, P., A propos du catalogue de l’œuvre gravé de Giorgio Ghisi publié par Paolo Bellini, dans Nouvelles de l’estampe, n°166, Octobre-Novembre 1999, p. 45-57.
Reflets d’Italie, catalogue d’exposition, Liège, Collections artistiques de l’Université, 2006, notice 21.

Giorgio Ghisi : sur Internet

Giorgio Ghisi (artnet.com, The Grove Dictionary of Art)


Université de Liège - Service des Collections artistiques - E-mail : wittert@ulg.ac.be

Page créée le 17 janvier 2001 - modifiée le 10 septembre 2007


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