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Burin
17,4 x 22,3 cm Edité par Raphaël Sadeler
Legs Wittert (1903) Inventaire n° 30716
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Cette estampe est gravée d’après une œuvre d’Agostino Carracci, peintre mais surtout graveur italien. L’inscription, en bas à gauche, l’atteste et confirme également que c’est Cornelis Galle le graveur et Raphaël Sadeler l’éditeur. Nous pouvons voir, représentée sur un fond verdoyant, Minerve, en guerrière, portant des sandales et des guêtres, un drap noué à la taille qui lui cache les jambes et un fin vêtement qui lui couvre la poitrine. Elle est casquée et capée. Sous son bras droit, on peut distinguer la tête d’un rapace auquel la forme du casque fait écho. Cet oiseau pourrait être l’aigle, attribut de son père, Jupiter. À ses pieds se trouve l’Égide, présentant, en son centre, la tête de Méduse la Gorgone. C’est, en effet, le bouclier réfléchissant de Minerve qui a permis à Persée de tuer le monstre sans se faire pétrifier. Elle tient, d’une main, le jeune Cupidon terrifié tandis que, de l’autre, elle menace l’enfant avec des lanières sanglées. À leur droite est attachée à un arbre une Vénus presque nue. Voici ce que disent les quatre vers sous la gravure :
La cruelle mère de l’Amour taquin donne une punition :
Pourtant, l’enfant lui-même l’a bien méritée.
Pallas la Tritonienne s’empare de son fouet [pour le frapper] ;
Qu’ainsi, le sage apprenne à connaître la pudeur.
Le thème de l’Amour châtié est relativement fréquent dans l’iconographie de la Renaissance. Il peut se présenter sous des aspects différents. L’Amour peut être puni par les amants malheureux ou par des femmes qui le ligotent à un arbre pour le déplumer, il peut aussi être battu par Mars, à coups de fouet. Parfois, c’est Vénus elle-même qui châtie son fils (sujet repris sur des œuvres gravées par Agostino Carrache et Albrecht Altdorfer). Un poème de Moschos de Syracuse, adapté en latin par Ange Politien, reprend en deux vers le thème illustré par la gravure de Cornelis Galle :
Moi-même, sa mère, souvent il me frappe.
Si tu le prends, use du fouet, agis avec vigueur, n’aie pas pitié de l’enfant.
Si la présence de Minerve en bourreau est assez rare, elle n’est en aucun cas incongrue puisqu’en tant que déesse de la sagesse, elle joue souvent le rôle de modératrice, tempérant les ardeurs des passions amoureuses. Ici, elle apprend la pudeur à l’Amour.
Agnès Celentin, 1ère licence en histoire de l’art et archéologie, syllabus, cours d’histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 2005-2006.
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