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Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques - Florilège

Joseph DREPPE (Liège, 1737 - 1810) et Louis DREPPE (Liège, 1739 - 1783)

Joseph et Louis Dreppe -
Oeuvre gravé


Joseph DREPPE

Fils du graveur de médailles et cachets Jean-Noël Dreppe, Joseph Dreppe naît à Liège en 1737 dans la paroisse de Sainte-Aldegonde. Il fait son apprentissage dans l'atelier de Jean Latour. Jean-Luc Graulich note : "Cette formation dans l'atelier d'un artiste local est sommaire et centrée sur le travail de copie." Pour parfaire sa formation, Dreppe effectue un voyage d'étude à Rome entre 1758 et 1761 à la fondation Darchis. Ses maîtres à Rome sont Placido Costanzi et Laurent Pécheux. A Rome même, Dreppe trouve aussi une grande quantité de modèles sous formes de sculptures antiques et de moulages, il dessine aussi des vues d'Italie où l'on peut ressentir l'influence de Piranèse (notamment dans l'exagération de la taille des édifices).

En 1762, Dreppe rentre à Liège. En 1763, il se marie. Le travail qu'il effectue sous le prince-évêque Charles-Nicolas d'Oultremont (1763-1771) reste peu connu. On sait qu'il peint le dôme de la nouvelle église des Prémontrés.

Sous Velbrück, l'artiste commence a travailler dans la gravure, d'abord en dessinant des modèles gravés par d'autres. En 1780 est attestée la première planche imaginée et gravée par Dreppe. Il connaît à cette époque des difficultés financières.

En 1775, Velbrück fonde l'Académie de peinture, sculpture et gravure. Dreppe y est nommé professeur, place qu'il ne conserve pas longtemps pour cause d'absence de fonds. Ses oeuvres sont exposées à la Société d'Emulation où il sera reçu comme associé libre en 1780. Il trouve dans l'Emulation un moyen de se faire connaître.
En 1784, sous le règne du prince-évêque Hoensbroeck, Joseph Dreppe est nommé directeur de l'Académie et professeur à la place de Léonard Defrance. Il accède au titre de premier peintre de son Altesse.

La révolution liégeoise du 18 août 1789 et la fuite de Hoensbroeck n'empêchent pas ses activités de continuer (il réalise notamment des estampes se rapportant aux événements révolutionnaires). Dreppe est lié avec Jean-Nicolas Bassenge, une des têtes de la révolution liégeoise. Au retour de Hoensbroeck, Dreppe ne s'exile pas malgré ses sympathies révolutionnaires. Cette traversée du désert va durer jusqu'en 1792, avec l'arrivée des troupes françaises à Liège. Il réalise à ce moment un mausolée à Michel Lepelletier.

En 1793, Joseph Dreppe s'exile à Paris où il reste dix-neuf mois. A son retour à Liège, il devient inspecteur des travaux publics, mais ne cesse pas son activité de peintre. Aucune de ces deux sources de revenus ne semble enrichir l'artiste, qui doit donner en plus des cours de dessin. Il réalise également des plans pour réaménager la place laissée par la destruction de la cathédrale Saint-Lambert.

Le 28 mars 1810, Joseph Dreppe meurt, quatre ans après avoir réalisé sa derniere oeuvre connue.

Louis DREPPE

Louis Dreppe naît à Liège on 1739. Il étudie chez son père Jean-Noël, graveur de cachets. Il choisit Jean Duvivier comme modèle pour se perfectionner. On ne sait d'où lui vient sa maîtrise de l'eau-forte, en effet il n'est nulle part fait mention d'un quelconque voyage d'étude effectué par le graveur. Et s'il est familiarisé avec l'art de Duvivier, il n'est pas signalé comme ayant été son élève. Louis Dreppe est cependant l'un des meilleurs graveurs liégeois de sa génération.

Il illustre des livres : un ouvrage de droit et deux ouvrages de Voltaire Zulime et Le Temple de la Gloire. Pour ces deux derniers, ses illustrations figureront dans la collection complète des oeuvres de Voltaire, publiée à Genève en 1768, et dont les planches furent réalisées par une équipe de graveurs dirigée par Gravelot. Peut-être Louis Dreppe a-t-il été recommandé par Gretry, hypothèse avancée par Jean-Luc Graulich dans son mémoire de licence.

En 1775, Louis Dreppe est nommé, avec son frère, parmi les neufs membres de l'Académie de Velbrück. Le 14 septembre 1781, Louis Dreppe est engagé pour graver un plan de la ville de Liège fait par Barthélemy Digneffe. Il meurt cinq mois plus tard sans avoir commencé le travail.


Liège à la fin du XVIIIe siècle

La fin du XVIIIe siècle, dans la principauté de Liège, voit la succession de différents pouvoirs. Les princes évêques se succèdent : les plus favorables aux arts sont Jean--Théodore de Bavière (1744-1763) et surtout François-Charles de Velbrück (1772-1784), sorte de "despote éclairé", affilié à la maçonnerie, fondateur d'une Académie de peinture, patronnant la fondation de la Société Libre d'Emulation en 1779.

Hoensbroeck (1784-1792) lui succède : plus rétrograde et frileux, il suscite l'opposition bourgeoise.

Le 17 août 1789, c'est l'effondrement, sans effusion de sang, de l'ancienne administration à Liège. Fabry est acclamé comme bourgmestre. Le 12 janvier 1791, l'empereur et te roi de Prusse rétablissent Hoensbroeck à Liège jusqu'en novembre 1792 (retour de Fabry, avec les révolutionnaires français). Pour résister à l'Europe coalisée, le pays de Liège est uni à la France en février 1793. Le 5 mars 1794, les impériaux réinvestissent Liège, amenant avec eux le dernier prince-évêque, Méan. Le 27 juillet 1794 (9 thermidor de l'an 11), les soldats républicains ramènent à Liège les exilés : Liège devient le chef-lieu du département français de l'Ourthe.

C'est dans ce contexte révolutionnaire que travaille Joseph Dreppe. Sur les dix gravures connues de l'artiste, huit sont liées aux événements de la révolution.


Joseph et Louis Dreppe : bibliographie

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Jean-Luc GRAULICH, Un Chat au Tribunal des XXII. Note sur une peinture allégorique de Joseph Dreppe, dans Art&Fact n° 15 - Mélanges Pierre Colman, Liège, 1996, p 166-168.
Daniel DROIXHE, Louis DREPPE, dans Livres d'images - Images du livre. L'illustration du livre de 1501 à 1831 dans les Collections de l'Université de Liège, Bruxelles, Crédit Communal - Groupe Dexia, 1998, p. 124.
SAUR, K. G., Allgemeines Künstlerlexikon. Die Bildenden Künstler aller Zeiten und Völker, vol. 29, München, Leipzig, 2001, p. 382-383
Reflets d’Italie, catalogue d’exposition, Liège, Collections artistiques de l’Université, 2006, notice 16.


Notices basées sur :

Frédéric PAQUES (1ière licence en histoire de l'art et archéologie, syllabus, cours d'histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 1999-2000)


Université de Liège - Service des Collections artistiques - E-mail : wittert@ulg.ac.be

Page créée le 4 octobre 1999 - modifiée le 7 septembre 2007


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