DOSSIERS WITTERT
Liens

Copyright

Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques - Florilège

Robert CROMMELYNCK (Liège, 1895 - 1968)


Le Dindon (eau-forte)
Eglise à la campagne (eau-forte)
Pietà (monotype, 1926)
Les chasseurs (eau-forte, 1932)
L'Album de l'Exposition Universelle de l'Eau - Liège 1939

Robert Crommelynck est né à Liège le 17 mars 1895, dans une famille modeste. Il passe son enfance, avec ses parents, dans la région de Liège et de Flémalle. Son père, Napoléon Crommelynck, est menuisier ébéniste et peintre amateur. Dès son plus jeune âge, son père s'aperçoit de son attirance pour la peinture. Il lui prête des pinceaux et de la couleur afin qu'il s'exerce à peindre.

De 1909 jusqu'en 1915, il étudie à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège où il obtient plusieurs prix. Il y reçoit l'enseignement de plusieurs maîtres comme Evariste Carpentier, Adrien de Witte et
Emile Berchmans. Comme Evariste Carpentier, Robert Crommelynck peint en plein air pour être plus près de la vérité de son sujet. Mais c'est Adrien de Witte qui l'influence le plus. Il lui montre l'importance du dessin et le choix de sujets simples sans amélioration du réel. Il obtient le Prix Donnay en 1920 et le troisième Prix de Rome en 1925.

A sa sortie de l'Académie, il est d'abord peintre en bâtiment et décorateur de dessus de cheminées pour le sculpteur sur bois Valentiny. Les thèmes divertissants étant à la mode à Liège, il réalise des portraits mondains, des photographies coloriées, des couchers de soleil et quelques panneaux décoratifs de composition plaisante.

En juin 1917, il épouse Elisa-Henriette Thissen. Ils s'installent tous deux quai de la Boverie où Robert Crommelynck a un modeste atelier. C'est la même année que Robert Crommelynck présente ses premières expositions, une à Bruxelles et une à Liège. Après cela, Robert Crommelynck va se tourner vers une peinture plus sobre et plus austère. Ses thèmes favoris sont alors ceux de la Bible. Parallèlement, il élabore plusieurs portraits de ses proches et quelques natures mortes.

A partir de 1925, Robert Crommelynck va découvrir la Bretagne, Paris, la vallée du Rhin, le nord de l'Italie... et surtout, en 1928, la Fagne et l'Ardenne. Il a une telle fascination pour ces régions que celles-ci deviennent ses sujets de prédilection pendant plusieurs années. Il peint autant les paysages que les habitants, leurs aspects sociaux et leur terroir.

En 1930, Robert Crommelynck loue un atelier à Paris. Pris par ses nombreuses expositions et activités à Liège, il y réside peu. En 1933, une première monographie relative à Robert Crommelynck est réalisée par Jutes Bosmant.

En 1934, Robert Crommelynck entreprend un voyage en Espagne Ce pays devient te thème de bon nombre de ses oeuvres Notons que l'Espagne, à cette époque, n'est pas si touristique qu'aujourd'hui. Ses tableaux reflètent d'autant plus la vie du pays.

Il se réfugie en Fagne pendant la seconde guerre mondiale. A la fin de celle-ci, il est nommé professeur du cours supérieur de peinture décorative et murale à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège.

En 1947, à la suite de son divorce, il épouse Simone Mairlot, veuve Colman. Il retourne avec elle en Espagne. Ce pays reste jusqu'à la fin de sa vie son unique sujet d'inspiration.

Robert Crommelynck s'éteint le 7 mars 1968.


Après la première guerre mondiale, Liège connaît un réveil artistique impressionnant. Les jeunes artistes découvrent, avec un peu de retard, les tendances qui se sont imposées à Paris : cubisme, fauvisme, surréalisme… Plusieurs revues et associations s'organisent à Liège. Les jeunes artistes, comme Auguste Mambour, Marcel Caron, Camille Bottin, Adrien Dupagne, veulent se libérer du style "fesses serrées", en vogue dans la Cité pendant la guerre.

Soulignons aussi que les peintres belges de la génération de Robert Crommelynck, comme Albert Servaes, Auguste Donnay, Joseph Bonvoisin, Anto Carte, sont sensibles à l'iconographie religieuse. Ils s'y attachent plus en tant qu'histoire de personnes qui ont souffert et non pas en tant que conviction propre.

L'oeuvre de Robert Crommelynck est abondante et variée. C'est surtout par la peinture que Robert Crommelynck cherche à s'exprimer mais il essaie de nombreuses autres techniques comme la gravure, le dessin, l'aquarelle, la fresque.

Durant toute sa vie, son inspiration se renouvelle sans cesse. Entre 1920 et 1930, ses thèmes favoris sont les scènes religieuses, les portraits et les natures mortes. En 1927, le thème prédominant est le paysage : des vues de Bretagne, de Fagne, d'Espagne…. autant de lieux qu'il a visités.

Progressivement, l'économie de moyens qu'il applique au départ de sa carrière fait place à une pâte plus épaisse et des couleurs plus affirmées. Toutefois, il garde une composition classique. D'ailleurs, il a un respect profond pour les grands maîtres : Michel Ange, Pierre Bruegel. Il reniera toujours l'art abstrait.

Pendant sa carrière, il réalise plusieurs grands travaux décoratifs. Citons la fresque du Lycée Léonie de Waha et les différents panneaux traités dans la technique des laques du Palais des Congrès de Liège. Ces travaux, la fresque comme les laques, sont considérés comme des parenthèses dans l'oeuvre de Robert Crommelynck car ils ne se rattachent pas à son évolution picturale.

Pour Robert Crommelynck, les dessins, les aquarelles et tes gouaches sont avant tout des moyens d'études et de recherches. lI exécute ses dessins au crayon, au stylo à bille, au fusain ou encore au pinceau Parfois, ils sont rehaussés de gouache ou d'aquarelle. Comme support, il utilise la feuille de papier dessin, le carton.. tout est valable.


Très tôt, Robert Crommelynck est attiré par les techniques de l'estampe et de la gravure.

Dans son journal, il note en 1922 : " Je suis allé me procurer une plaque de zinc (...). C'est avec émotion que je la regarde, que je pense à ce que je voudrais lui inciser." En 1924, il acquiert une presse à bras. C'est alors qu'il s'essaie à presque toutes les techniquescomme la pointe sèche, l'eau-forte, l'aquatinte… sauf la gravure au burin. Il combine aussi celles-ci entre elles. Toutes ces planches seront exposées au côté de tableaux de chevalet. En fait, la plus grande partie de sa production se situe entre 1924 et 1930. On retrouve les thèmes, la sobriété et l'économie de moyens utilisés en peinture à la même époque.

Robert Crommelynck utilise très volontiers la technique du monotype. Cette technique consiste à tirer sur papier une épreuve d'une peinture appliquée a l'huile ou, le plus souvent, à l'encre, sur une plaque de verre ou de cuivre non gravée. Ce procédé ne donne en principe qu'une seule épreuve, mais parfois, s'il reste encore assez d'encre sur la plaque, on peut en obtenir une seconde. Ce procédé technique n'est pas une gravure puisque l'encre est seulement déposée à la surface du cuivre. C'est une estampe puisque l'image est passée sous presse.

Le monotype reste longtemps considéré comme "simpliste" en raison de sa facilité apparente. Le premier à l'utiliser est le Génois Benedetto Castiglione, au XVIIème siècle. Mais, dès la fin du XIXème siècle, ses amateurs se multiplient : Pablo Picasso, Edouard Degas, Toulouse-Lautrec, Paul Gauguin, Marc Chagall, et plus près de nous, Anto Carte et François Maréchal.

Ce procédé technique se situe à mi-chemin entre la gravure et la peinture, il demande de l'expérience et de la rapidité d'exécution, L'encre sèche et réagit différemment suivant la température ambiante, le temps de pression, le papier…

Robert Crommelynck réalise le plus souvent des monotypes monochromes de la façon suivante : la plaque est entièrement recouverte d'une encre spéciale. Puis par grattages et essuyages successifs, Robert Crommelynck met le cuivre à nu, parfois partiellement, ce qui donne des dégradés, parfois complètement, ce qui donne des blancs purs et éclatants. Les tons sont le plus souvent ocre, bistre et vert gnsâtre. La plupart des monotypes ont pour thème des sujets d'inspiration religieuse.

Il réalise également des planches d'illustration pour plusieurs recueils : Le dernier homme de Maurice Dethier en 1921; Taciturnes de Elise Champagne en 1927; Au bord de l'eau de Jean Tousseul en 1930; Le retour de l'enfant prodigue de André Gide en 1946; Hors de Service de Maurice Marcinel; Un cahier retrouvé de Herman Frenay-Cid. Les illustrations de l'ouvrage d'Elise Champagne et de André Gide sont des monotypes donc en unique exemplaire.

En 1939, pour l'Exposition de l'eau, il exécute, pour le "Livre d'or", quatre planches à la technique de la pointe sèche. Cet ouvrage réunit vingt-neuf gravures d'artistes liégeois dont Auguste Donnay, Paul Daxhelet et Georges Comhaire.

Robert Crommelynck est aussi l'auteur de quelques affiches.



Le Dindon



Eau-forte
49,2 x 35,8 cm
Signé
Acquisition (1997)
Inventaire n° 27392


menu


Eglise à la campagne, de Robert Crommelynck



Eau-forte
38 x 55,7 cm
Signé
Inventaire n° 27779


menu


Pietà, de Robert Crommelynck



Monotype
29,5 x 40 cm
Signé
Acquisition (1999)
Inventaire n° 30572


menu


Les chasseurs, de Robert Crommelynck



Eau-forte
66 x 50 cm
Signé et daté 1932
Acquisition (1997)
Inventaire n° 27393


menu

Robert Crommelynck : bibliographie

Jules BOSMANT, Robert Crommelynck. 1895-1968, dans La Vie wallonne, tome XLII, avril-juin 1968, p. 154-168.
E. BENEZIT, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Paris, Librairie Gründ, 1976, tome III, p. 283.
Régine REMON, Robert Crommelynck, mémoire de licence, Université de Liège, 1976-1977.
L'affiche en Wallonie à travers les collections du Musée de la Vie Wallonne, catalogue d'exposition, Liège, 1980.
Robert Crommelynck : dessins, catalogue d'exposition, Liège, Cabinet des Estampes et des Dessins de la Ville de Liège, 1986.
Régine REMON, Rétrospective Robert Crommelynck 1895-1968, Stavelot, 1988.
Pierre SOMVILLE, Marie-Christine et Gilbert DEPOUHON, Le Cercle royal des Beaux-Arts de Liège. 1892-1992, catalogue d'exposition, Bruxelles, Crédit Communal de Belgique, 1992, p. 61-62.
Régine REMON, Pierre COLMAN, Françoise CLERCX, Robert Crommelynck 1895-1968, catalogue d'exposition, Liège, Salle Saint-Georges, 1995.
Régine REMON, Crommelynck, dans Le Dictionnaire des Peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, p. 224-225. (le Dictionnaire des Peintres belges sur internet : site de l'IRPA : Balat)
Régine REMON, Robert Crommelynck et son temps, dans Art&Fact n° 15 - Mélanges Pierre Colman, Liège, 1996, p. 215-217.
Régine REMON, Trois dessins de Robert Crommelynck acquis par les Collections artistiques de l'Université de Liège, dans Art & Fact - n° 16 - L'art et le corps, 1997, p. 89-90.


Notices basées sur :
Anne-Françoise VAN SWALM (2ème licence en histoire de l'art et archéologie, syllabus, cours d'histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 1999-2000)

Université de Liège - Service des Collections artistiques - E-mail : wittert@ulg.ac.be

Page créée le 4 octobre 1999 - modifiée le 19 mai 2007


Chaque mois, un site à découvrir