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Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques - Florilège

Hieronymus (Jérôme) COCK (vers 1510 - 1570)

Jérôme Cock - Aux Quatre Vents - Ruines de Rome - Paysages avec des scènes bibliques et mythologiques - Les Grands Paysages, d'après Bruegel - Gravures d'après Maerten van Heemskerck


Gravures de Jérôme Cock, d'après Maerten van Heemskerck


Paysage avec saint Jérôme et le dieu Tibre (1552), par Jérôme Cock, d'après Maerten van Heemskerck



Eau-forte
22,7 x 34,5 cm
Signé et daté 1552
Legs Wittert (1903)
Inventaire n° 11349

Cette estampe présente un paysage où Saint Jérôme et une personnification du Tibre s’intègrent à un décor de ruines antiques. Il est d’ailleurs étonnant de voir, dans une même gravure, se mêler un sujet chrétien et un sujet antique.

Saint Jérôme est reconnaissable en bas à gauche grâce à sa longue barbe, son crâne de vanité et sa bible. Le lion, compagnon du saint, se trouvant un peu plus loin à droite confirme cette identification. La végétation abondante qui l’entoure fait référence à son isolement dans la forêt lors de sa pénitence.

Le dieu Tibre quant à lui se tient à droite de la composition vers le milieu de l’œuvre. Il tient une corne d’abondance, symbole de la fertilité que le fleuve apporte à la ville de Rome. Son coude est appuyé sur un loup accompagné de deux jeunes enfants. Il s’agit là du symbole de la ville de Rome : les deux orphelins Romulus et Remus recueillis et élevés par une louve. Ces jumeaux deviendront les fondateurs de la ville de Rome.

Trois personnages entourent la personnification du Tibre. Deux d’entre eux semblent discuter en montrant le dieu du doigt alors que le troisième essaie de récolter l’eau s’échappant de la corne d’abondance.

En haut à gauche, se trouvent trois statues de style antique. La première représente un homme sous la forme d’une cariatide qui supporte une arcade quasiment détruite. La seconde est une ronde bosse. Elle représente Hercule, reconnaissable grâce à la peau de lion posée sur le sol et à la massue située entre ses jambes. Comme le veut la légende, il est en train de tuer le géant Antée en l’empêchant de toucher le sol afin qu’il ne puisse recouvrir sa force. La dernière statue se trouve dans une sorte d’alcôve. Il s’agit d’une femme vêtue de plusieurs drapés. Des trois, c’est elle qui fait le moins référence à l’Antiquité.

De nombreuses ruines antiques sont également présentes. On peut y reconnaître le Colisée, dans un bien piteux état, en haut, à droite.

La représentation de tous ces différents personnages référant, pour la plupart, àl’Antiquité, nous montre bien que les estampes éditées par Cock étaient réservées à une clientèle cultivée,  capable de comprendre toutes les subtilités présentes dans les œuvres.

Le XVIème siècle est considéré comme le siècle du paysage. Cock en a d’ailleurs édité plus d’une centaine entre 1550 et 1570. Il travaille dans un style fort différent et tout à fait novateur, ses paysages sont structurés et naturalistes. Néanmoins, l’œuvre décrite ci-dessus se distingue des autres œuvres de l’artiste notamment par la complexité et la profusion des détails mais aussi par le fait que les personnages y occupent une place plus importante.

Cock est le premier à appliquer la technique de l’eau-forte aux paysages. Celle-ci, contrairement au burin, permet d’obtenir un trait plus souple et de rendre l’atmosphère et la luminosité particulières à chaque paysage. La composition gagne en naturel et en expressivité.

Justine MATHONET, 2ème licence en histoire de l’art et archéologie, syllabus, cours d’histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 2005-2006.


Université de Liège - Service des Collections artistiques - E-mail : wittert@ulg.ac.be

Page créée le 15 mars 2001 - modifiée le 6 septembre 2007


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