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Université de Liège (Belgique) - Collections artistiques - Florilège

Nicolas Béatrizet (Lunéville, vers 1520 - Rome, après 1562)

Nicolas Beatrizet
- Thèmes religieux - Mythologie


Joseph expliquant ses songes, d’après Raffaello Sanzio



Burin
23,9 x 38,9 cm
1541
Legs Wittert (1903)
Inventaire n° 9673


Le Massacre des Innocents, d’après Baccio Bandinelli



Burin
42,6 x 58,1 cm
s.d.
Matrice retouchée par Philippe THOMASSIN (1561-1621)
Inventaire n° 29322

Les formes qui composent cette œuvre de Béatrizet s’agencent en triangle autour de l’estrade centrale. Au sommet, Hérode, escorté de ses officiers, brandit son sceptre, encourageant ses hommes au meurtre. De chaque côté, les soldats nus se précipitent sur les mères chastement drapées qui tentent vainement de sauver leur progéniture. A l’avant-plan, base du triangle, un groupe de mères s’effondre sur le cadavre de leurs enfants. Cet enchaînement triangulaire des formes entraîne le regard dans une suite chronologique qui relie les trois moments clés de cet épisode du Nouveau Testament : l’ordre d’Hérode, le massacre, les mères anéanties.

Le thème du massacre est souvent prétexte à un contraste entre les corps robustes des assaillants et l’apparence frêle et vulnérable des mères. Il semble que Béatrizet éprouve quelques difficultés à exploiter cette possibilité. En effet, la musculature surdéveloppée qui accentue la brutalité des guerriers ne sied guère aux femmes et aux enfants.

L’agitation générale de la scène est accrue par l’opposition entre les corps entremêlés et le décor sobre et rigide dans lequel ils s’inscrivent.

Dans le coin inférieur droit de l’œuvre, gisant sur une marche, le corps d’un enfant attire l’attention du spectateur sur une feuille de papier. On peut y lire l’inscription suivante Baccius Florentinus ainsi que le monogramme du graveur Marc de Ravenne. Cet indice permet de comprendre que Béatrizet réalise sa gravure d’après Marc de Ravenne qui s’inspire lui-même d’un dessin du peintre sculpteur florentin Baccio Bandinelli.

Le monogramme de Marc de Ravenne composé d’un S et d’un R, source de confusion, fut parfois attribué à un certain Sylvestre de Ravenne. Il signifie en réalité Scultore Ravignano ou Ravennas sculpsit. Marc de Ravenne fut élève de Raimondi. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des motifs inspirés du maître dans cette œuvre, tels les corps gisants des enfants représentés en raccourci.

D’après Robert-Dumesnil, il existe trois états différents de cette planche. Le premier, imprimé par Lafréry est l’œuvre de Béatrizet seul. Deux autres copies, dont notre exemplaire, furent réalisées après l’intervention de Philippe Thomassin sur la planche de Béatrizet. Une inscription vient corroborer cette information Gio Giacomo Rossi formi Roma alla Pace. Il s’agit du nom d’un éditeur actif à Rome de 1627 à 1691, Giovanni Giacomo de Rossi qui  imprima l’œuvre de Béatrizet retouchée par Thomassin.

D’après Bartsch, Thomassin ne conserve guère plus que les contours. Le reste de la gravure, retravaillé, devient son propre ouvrage. Thomassin a tendance à recouvrir de hachures la plupart des espaces laissés blancs (feuille de papier, certaines parties des corps, escalier), ce qui assombrit nettement la composition. Toutefois, il est possible de retrouver quelques pointillés à travers les hachures de Thomassin, témoins discrets de la manière de Béatrizet.

Le monogramme de Béatrizet ayant été effacé par Thomassin, on pourrait hésiter à attribuer cette œuvre au Lorrain. Toutefois, l’adresse d’Antoine Lafréry  présente dans la partie inférieure médiane de l’œuvre, nous permet de ne pas commettre d’impair quant à l’origine de cet ouvrage qui est donc bien antérieure à l’activité de Thomassin.

A l’origine, le monogramme de Béatrizet, devait prendre place dans la partie inférieure droite de la composition, dans un petit coin formé par la deuxième marche de l’escalier et le voile d’une mère. Ce n’est sans doute pas innocemment que Béatrizet tenta de dissimuler son propre monogramme, tandis qu’il prenait soin de mettre en évidence celui de Marc de Ravenne. Il est fort probable qu’il eut l’intention de faire passer sa copie pour l’estampe de Marc de Ravenne. Il réussit assez bien son entreprise que Bartsch qualifie de « copie trompeuse au plus haut degré » et il ajoute qu’« elle a toujours été confondue avec l’original ».

(Anne-Sophie BRISBOIS, 2ème licence en histoire de l’art et archéologie, syllabus, cours d’histoire de la gravure, Université de Liège, année académique 2005-2006).


Sainte Elisabeth, d’après Girolamo Muziano



Burin
44,9 x 35,9 cm
s.d.
Inventaire n° 29323


Descente de croix



Burin
38,4 x 31,7 cm
s.d.
Inventaire n° 29324


Université de Liège - Service des Collections artistiques - E-mail : wittert@ulg.ac.be

Page créée le septembre 2007 - modifiée le 5 septembre 2007


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