Fernand KHNOPFF (1858-1921)
         Un masque (détail)

Cette technique de gravure en taille douce est la plus simple, la plus spontanée et la plus directe.

Les outils:

 

- toutes sortes de pointes métalliques (pouvant aller du simple clou à une pointe de silex)

- pointe de diamant taillé : donne un trait plus régulier et permet une plus grande maitrise; cet outil s'use plus lentement mais se casse si on frappe la plaque à coups secs. ENVOI LEXIQUE

- l'éclat de diamant: trace de manière plus nerveuse, moins régulière et moins profonde.

- brunissoir/ polissoir: adoucit une effet trop dur ou efface RENVOI BURIN

- ébarboir/ grattoir : enlève le métal refoulé par la pointe ou rétrécit la ligne. RENVOI BURIN

Le métal :

Comme pour le travail au burin, le cuivre est toujours en faveur. Non poli, il donne une belle teinte de gris. Chaque tirage usant et affaiblissant les barbes, les traits perdent de leur intensité et de leur vigueur, les détails finement gravés deviennnent gris et flous avant de disparaitre. Le travail sur cuivre permet de dépasser 25 épreuves, et bien plus encore si l'on procède à l'aciérage même si l'encre adhère moins fort à la surface que sur le cuivre nu.

 

Le processus

Présentation :

La pointe d'acier affutée attaque, griffe, entaille et blesse directement le cuivre. Il n'y a pas d'intermédiaire entre le travail et le résultat final. Le tirage est immédiat après la gravure de la planche. Auparavant, on a pu choisir de réaliser un croquis sur la plaque,à la mine de plomb, pour situer la composition.

La pointe sèche est souvent une pointe de diamant; l'outil est moins contraignant, et la taille moins tendue et moins saucée à l'encrage.

Cet outil permet tous les degrés d'intensité, car il va dans les sens ou le burin ne va pas et permet toutes les possibilités d'invention immédiate.

La pointe tourne plus facilement que le burin mais elle peut dérailler.

On sent les tensions caractéristiques du trait, même dans les tailles légères.

Dans le cuivre, on voit les barbes de part et d'autre du sillon; il n'y a qu'une barbe si l'outil est tenu en oblique et deux s'il est tenu verticalement.

Le trait à la pointe sèche est plus facile à modifier ou à effacer que celui tracé au burin.

L'encre empli le sillon et se loge aussi sous les barbes: sous la pression du rouleau, l'encre gicle. C'est pourquoi il y a une sorte de brume, d'encre veloutée sur les bords du trait. ILLU ???

Si les tailles sont trop barbues, on peut les couper à l'ébarboir

Le tirage des épreuves:

 Cette opération nécessite plus de soin que pour l'eau-forte ou le burin. Il faut nettoyer soigneusement la plaque de tout éclat de métal qui pourrait rayer le papier ou absorber l'encre et créer des tâches disgracieuses. Parfois, on utilise des barbes qui restent en relief sur la surface de la plaque, et on obtient un "trait qui bave"; c'est à dire que les traits retiennent l'encre au tirage et ils apparaissent plus larges que prévu sur le papier.

Les barbes interdisent, à cause du poid et de la pression exercée par la presse, des tirages importants (une dizaine d'épreuves, ensuite la qualité s'émousse).

Le trait étant plus fragile, il faut plus de soin à l'impression.

L'aciérage prolonge la résistance des barbes en garantissant une authenticité intégrale à tous les tirages.

 On peut faire des tirages intermédiaires pour procéder à des vérifications, c'est que l'on appelle le tirage d'état.

BIBLIOGRAPHIE:

- TERRAPON, Michel, Le burin, Genève, Bonvent, Collection Les métiers d'art, 1974

- CLERCX LEONARD-ETIENNE, Françoise, Techniques dela gravure, Cabinet des estampes, Msée de l'Art Wallon, Liège, 1978.

Page créée le 23 mars 2000 par Mélanie Delecosse

modifiée le 25 avril 2000

Responsable :

Jean Housen