Vers la modernité. Le XIXe siècle au Pays de Liège - Thématique - Album d'illustrations

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Le scénographe (1874)
"Appareil photographique de poche", inventé par Ernest Candèze


Le scénographe, "appareil photographique de poche", son coffret de voyage (16 x 29,5 x 8 cm) et la brochure explicative (Liège, 1874)
Liège, Musée de la Vie wallonne


Liège, © Musée de la Vie wallonne


Conçu par un photographe amateur liégeois en 1874, le scénographe de Candèze conquiert l'industrie photographique européenne et se classe parmi les premiers modèles pliants à grande diffusion, bien avant les premiers appareils à main de George Eastman. Cet appareil peut prendre des vues format album "chez soi, en promenade et en voyage". Son principal avantage est son poids extrêmement léger (400 grammes) facilitant les prises de vues en extérieur. Il s'emploie avec des plaques au collodion sec, un nouveau procédé permettant d'emporter avec soi des plaques déjà sensibilisées, mais qui a pour inconvénient d'allonger le temps de pose, ce qui était néanmoins sans incidence pour la prise de monuments ou de natures mortes.

Grâce à la planchette mobile armée de l'objectif, le scénographe permet d'obtenir une vue stéréoscopique ou une vue format album selon qu'on la glisse de droite à gauche ou qu'elle reste en position médiane. Pour une vue stéréoscopique, il faut ajouter une planchette à l'intérieur de la chambre noire afin de la diviser en deux. Le système permet également la prise de deux vues différentes sur un même châssis. L'objectif-ménisque comporte un diaphragme à rondelle déterminant l'exposition (f20/180mm). Le point est définitivement fixé pour le paysage. Néanmoins, des vues rapprochées peuvent être exécutées en modulant la lunette. Le bouchon tient lieu d'obturateur. Un fil à plomb surplombant l'appareil permet de contrôler s'il est à niveau.

L'appareil complet se compose de cinq parties: une chambre noire munie d'un objectif en cuivre dont les côtés en tissu opaque sont rendus rigides par deux planchettes mobiles ; un support ; une canne-pied composée de trois tubes libres ; un châssis dans lequel on insère les glaces sensibilisées au collodion sec (11 x 16 cm) et la glace dépolie. Le tout est contenu dans un coffret de voyage mentionnant : "SCENOGRAPHE. Appareil photographique de poids de 400 gram. Breveté S.G.D.G. Pour des vues stéréoscopiques.", et vendu chez C.B. Jonniaux et Frères, à Liège. Un livret explicatif a été publié à Paris par le concessionnaire Loiseau et Fils.

Cindy Pahaut

Université de Liège - Culture - exposition Vers la modernité - Liège (5 octobre 2001 - 20 janvier 2002)
2003 - mise à jour : 24 février 2007 - Collections artistiques - e-mail : wittert@ulg.ac.be