Vers la modernité. Le XIXe siècle au Pays de Liège - Thématique - Album d'illustrations

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Louis BOONEN et Laurent DEMANY
Le Conservatoire royal de musique de Liège (1887)


Reproduction d'un dessin à la plume, 41,2 x 60 cm
Signé L. Boonen, non daté
Liège, Collections artistiques de l'Université



©Collections artistiques de l'Université de Liège



Photo : Guy Focant © Ministère de la Région wallonne - Division du Patrimoine


Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, pour le Conservatoire Royal de Musique de Liège, la nécessité d'avoir des locaux adaptés à ses besoins est de plus en plus impérieuse. En 1878, la Ville accepte la construction d'un bâtiment qui sera situé boulevard Piercot. Le projet est confié à Louis Boonen, architecte de la Ville. Mais plus tard, celui-ci est évincé du projet et c'est Laurent Demany (1827-1898) qui en reprend la direction. Ce dernier est aussi l'architecte de l'Université de Liège, qui est son œuvre principale. Les travaux s'achèvent en 1886 et l'inauguration a lieu le 30 avril 1887. L'ensemble du bâtiment est classé en 1986.

L'architecture du Conservatoire se rattache à un courant caractéristique de son époque : l'éclectisme. Ainsi elle combine le style néo-renaissant et le style néo-Louis XVI. L'appareillage, aux joints marqués, du rez-de-chaussée est fait de blocs de pierre grise. Aux étages, des blocs de pierre jaunâtre animent la structure de pierre grise. Chaque porte est encadrée d'une arcade en plein cintre dont la clef de voûte est ornée d'une tête sculptée. Les fenêtres du premier étage sont surmontées d'un fronton en plein cintre. Une succession de colonnes, évoquant l'ordre ionique, rythme la façade. Dans les parties en saillie, ces colonnes encadrent des pilastres. L'ensemble supporte un entablement, une frise décorée et une corniche. L'avant-corps central a pour particularités : des colonnes en granit dont la base et le chapiteau sont dorés et des pilastres ornés de trophées d'instruments de musique en bas-relief. Cet avant-corps et les deux pavillons sont chacun surmontés d'un fronton dont le tympan est décoré de bas-reliefs. L'équilibre de la façade résulte de la combinaison d'éléments horizontaux (entablements…) et verticaux (colonnes…). La salle de concert est conçue sur le modèle du théâtre à l'italienne. La partie où les spectateurs prennent place a un plan en fer à cheval. Une colonnade corinthienne supporte les différents étages et les retombées des arcs en plein cintre qui soutiennent le plafond en coupole. La salle comporte deux grands ensembles peints. Le premier, dû à Émile-Édouard Berchmans (1843-1914), décore le plafond en coupole. L'œuvre est constituée de dix toiles qui représentent Apollon et les neuf muses. À cela s'ajoutent deux renommées situées entre le cadre de la scène et la coupole. Le second ensemble, réalisé par Edgar Scauflaire (1893-1960), orne de seize panneaux les murs de la scène. De part et d'autre de l'orgue sont figurés les thèmes de la naissance de la musique et du mythe d'Orphée. Deux grandes compositions se font face sur les murs latéraux : l'une rend hommage à César Franck et l'autre à André Modeste Grétry. Chacune est entourée de deux panneaux montrant des musiciens.

Christophe Collas

Université de Liège - Culture - exposition Vers la modernité - Liège (5 octobre 2001 - 20 janvier 2002)
2003 - mise à jour : 24 février 2007 - Collections artistiques - e-mail : wittert@ulg.ac.be