Vers la modernité. Le XIXe siècle au Pays de Liège - Thématique - Album d'illustrations

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Jean-Jacques-Silvestre SCHMETZ, d'après un projet de Léonard JÉHOTTE
Masse de l'Université de Liège (1821)


Argent coulé et repoussé, ciselé. H. totale 145 cm. (couronnement : 25).
Liège, Université.



Photo Philippe Herbet © Collections artistiques de l'Université de Liège


On nomme "masses" les sceptres académiques, et "massiers" ceux qui les portent dans les grandes circonstances. Notre Université en a deux, exactement pareilles ; elle comptait deux Facultés à l'époque de leur création. Le projet en a été demandé au sculpteur Léonard Jéhotte, à l'honneur ailleurs dans le présent catalogue ; une inscription le rappelle. L'exécution en a été confiée à un orfèvre liégeois qui n'est pas particulièrement réputé. Sa naissance se situe en 1746, son décès en 1828. Son poinçon se relève à côté des marques officielles en vigueur de 1815 à 1832 : la garantie (gros et menus ouvrages) et le 2e titre de l'argent. Ce sont les initiales I et S dans un losange en largeur. Avant de l'adopter, l'orfèvre en avait eu trois autres : les mêmes initiales sous une couronne au temps des derniers princes-évêques ; IS dans un rectangle et S dans un losange debout pendant la période française, bien présents sur la première des deux plaques d'insculpation (case 14).

Au sommet trône une figure allégorique : l'Université (plutôt que la Science), une imposante jeune femme qui tient d'une main le grand livre de la Science et de l'autre une sphère qui matérialise la formule UNIVERSIS DISCIPLINIS ; à ses pieds une lampe antique et deux couronnes de laurier empilées (allusion à la remise des diplômes, comme dans la grande grisaille qui décore depuis 1823 la Salle académique) ; c'est là qu'est inscrit le nom de Jéhotte. D'autres allégories, celles des différentes disciplines enseignées (et non pas celles des sciences), se voient un peu plus bas, sur un nœud cylindrique ; des inscriptions aident ceux qui savent le latin à s'y retrouver. La hampe en bois noir est rehaussée d'ornements d'argent. Le style néoclassique règne en maître. Quand la Belgique est née de l'effondrement du royaume créé par le Congrès de Vienne, son blason et sa devise ont remplacé les originaux. En 1990, une légère restauration a été commandée à l'orfèvre F. Ancion à Trooz.

Comme l'écrivent les auteurs du monumental Corpus publié par l'Académie des Sciences de Heidelberg, "Es ist ein Meisterwerk".

Par une chance rare, les projets de Jéhotte ont été conservés ; l'un des deux est reproduit dans l'introduction. C'est sans servilité que l'orfèvre les a suivis : ainsi, il a rendu la figure féminine plus antiquisante et plus altière. Le sculpteur s'est-il inspiré de la masse de la Faculté de Droit de Paris ? Si oui, c'est fort librement. Le blason et la devise sont ceux du royaume de Hollande-Belgique, comme de juste.

Pierre Colman

Université de Liège - Culture - exposition Vers la modernité - Liège (5 octobre 2001 - 20 janvier 2002)
2003 - mise à jour : 24 février 2007 - Collections artistiques - e-mail : wittert@ulg.ac.be