Vers la modernité. Le XIXe siècle au Pays de Liège - Thématique - Album d'illustrations

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Jean-Joseph ANSIAUX
Portrait de Michel-Laurent de Sélys-Longchamps (1809)


J. de Witte d'après Jean-Joseph ANSIAUX
Portrait de Marie-Denise Gandolphe


©Collections artistiques de l'Université de Liège

Huile sur toile, 102 x 71 cm
Signé et daté en bas à gauche : J. Ansiaux F. 1809
Liège, Collections artistiques de l'Université


©Collections artistiques de l'Université de Liège

Huile sur toile, 100 x 71 cm
Signé en bas à gauche : J. de Witte d'après Ansiaux de Liège
Liège, Collections artistiques de l'Université


L'illustre baron de Sélys-Longchamps (Liège, 1759- Paris, 1837) a cumulé de grandes fonctions dans la région ; il est successivement suppléant de la Municipalité révolutionnaire de Liège et représentant du département de l'Ourthe au Corps législatif à Paris. C'est à la demande de son épouse, Marie-Denise Gandolphe, que ce portrait est réalisé par Ansiaux.

Dans un parc, le baron est représenté en habit de chasse, debout, appuyé contre un arbre et caressant son chien ; il regarde un cygne évoluer sur le bief d'un moulin. Le choix de ces animaux, symbolisant l'un la fidélité et l'autre la noblesse, ne doit rien au hasard.

Ce portrait peut être considéré comme précurseur des œuvres romantiques : le cadre naturel et le regard rêveur du personnage donnent au tableau un charme nostalgique et un air de mélancolie.

Le goût du portrait aristocratique en costume de chasse, vision décontractée et sensible du modèle, est issu de la tradition anglaise initiée par Van Dyck et relayée au XVIIIe siècle par Gainsborough. Il exalte ici la noblesse et la sensibilité du personnage.

Marie Monville et Bruno Quantin


Marie-Denise Gandolphe, fille de la haute bourgeoisie française, épouse en 1789 l'imprimeur liégeois Jean-Joseph Smits. Ce dernier décède en 1806. En 1808, elle met fin à son veuvage en s'unissant à Michel-Laurent de Sélys.

À Paris, Marie-Denise Gandolphe entretient des relations avec le cercle des artistes liégeois ; elle charge de commandes Dreppe, Rutxhiel et Ansiaux qui réalise trois œuvres à son attention : en 1807, son portrait ainsi que celui de son premier époux puis en 1809 celui de son second mari.

Le portrait des collections artistiques de l'Université de Liège est une copie réalisée par J. De Witte à partir de l'original de 1798. Ce peintre n'a pas encore été identifié ; cependant l'hypothèse est émise qu'il pourrait s'agir de J. B. de Witte, le père d'Adrien de Witte.

Le modèle pose élégamment accoudé à une harpe, dans une loggia ouvrant sur la verdure et le ciel. L'atmosphère musicale est soulignée par la statue d'Apollon à la lyre et l'extraordinaire lutrin à motif de génie ailé. Le raffinement de la robe à l'antique et du mobilier à col de cygne, la tonalité doucement mélancolique, illustrent l'éclat de la Société parisienne sous le directoire.

Marie Monville et Bruno Quantin

Université de Liège - Culture - exposition Vers la modernité - Liège (5 octobre 2001 - 20 janvier 2002)
2003 - mise à jour : 26 février 2007 - Collections artistiques - e-mail : wittert@ulg.ac.be